Gaza et le FSM: le dialogue demeure un puissant outil pour la jeunesse
FSM 2026, crédit photo : Thaïs Dol
par Stéphanie Parent-Montigny, membre du collectif jeunesse international propulsé par Katalizo au Forum social mondial du Bénin.
Les activités du FSM ne sont pas encore amorcées, qu’une rencontre fortuite nous a permis de rencontrer, lors d’une discussion informelle, deux femmes de Gaza. Deux Palestiniennes venues nous raconter leur réalité, mais aussi celle des milliers de personnes qu’elles accompagnent au quotidien.
Gaza : deux Palestiniennes témoignent !
Leur organisation, fondée en 2017, avait pour mission de soutenir les jeunes à travers l’entrepreneuriat, en leur offrant des occasions de développer leurs compétences et de bâtir leur avenir. Mais avec le déclenchement de la guerre en 2023, tout a basculé.
Les projets de développement ont laissé place à l’urgence. Aujourd’hui, leur priorité est de répondre aux besoins essentiels de la population : accompagner des enfants devenus orphelins ou ayant tout perdu, leur offrir de la nourriture, un abri et un endroit où ils peuvent retrouver un sentiment de sécurité.
« La violence peut aussi être silencieuse »
C’est ainsi qu’elles témoignent dans cette phrase qui résonne. Selon elles, même lorsque les bombardements diminuent, la souffrance ne s’arrête pas. Les difficultés d’accès à la nourriture, aux médicaments et aux biens essentiels, continuent d’affecter profondément la population.
Elles parlent des oliviers, transmis de génération en génération. Un olivier coupé peut sembler être simplement un arbre de moins, mais pour elles, c’est beaucoup plus que cela. Ces arbres représentent une histoire, des racines et un sentiment d’appartenance à une terre. Les voir disparaître devient une violence psychologique, une façon de déraciner une population de ce qui représente son héritage et sa mémoire.
Une question s’impose : quelles options leur restent-elles ? Partir et tout recommencer ailleurs, sans savoir ce que l’avenir leur réserve ? Ou rester, malgré les risques, pour protéger ce qu’il reste de leur communauté ?
L’incertitude quant au déroulement du FSM
Pendant cette rencontre informelle, une autre réalité se déroulait autour de nous. Le Forum social mondial, qui devait être un espace de dialogue entre des milliers de personnes venues des quatre coins du monde, a lui aussi été fortement perturbé.
Des centaines de participantes et de participants ont été refoulé.es aux frontières du Bénin, empêchant de nombreuses délégations de prendre part aux échanges. La première journée officielle du Forum a d’ailleurs été annulée, et plusieurs activités ont dû être reportées, adaptées ou tout simplement abandonnées.
Alors que plusieurs se voyaient refuser l’accès, le manque de communication officielle et l’absence de position claire des autorités ont laissé plusieurs personnes avec davantage de questions que de réponses.
Les espaces de rencontres sont fragiles, le FSM l’est aussi !
Cette réalité n’est évidemment pas comparable aux témoignages des Palestiniennes. Mais elles nous rappellent une même chose : les espaces où l’on se rencontre, où l’on échange et où l’on construit des solidarités demeurent fragiles même aujourd’hui.
Le Forum social mondial existe justement pour que ces voix puissent être entendues. Pour que des femmes de Gaza puissent raconter leur réalité, pour que des jeunes, des communautés et des organisations de partout dans le monde puissent apprendre les uns des autres.
Malgré les obstacles, ces rencontres ont lieu selon les moyens disponibles et parfois au risque de celles et ceux qui y participent. Alors que plusieurs se voient refuser l’accès, la possibilité même de se rassembler devient un défi. Et pourtant, nous étions encore là, hier. À écouter. À apprendre. À créer des liens.
Ces rencontres nous rappellent que, même lorsque les frontières se ferment et que les conflits ou les décisions politiques limitent les possibilités de se rassembler, le dialogue demeure l’un de nos outils les plus puissants pour la jeunesse de demain.